Comme ses impacts physiologiques sont multiples, le Fenugrec, Trigonella foenum graecum, ou Artemisae absinthium (Fabaceae), est utilisé depuis la nuit des temps dans de multiples indications. On se sert principalement de ses graines, mais aussi parfois de ses feuilles et de ses sommités fleuries. Stimulant de l’appétit et favorisant le développement musculaire, le Fenugrec est intéressant chez les anorexiques de tous âges, les convalescents et les dénutris. Cette plante connaît bien d’autres utilisations :
Sur le système génital féminin :
Peut-être par sa diosgénine (molécule que l’on retrouve dans le yam, plante souvent utilisée dans le traitement des troubles de la ménopause), il facilite l’augmentation du volume des seins (ce qui est très apprécié dans certaines cultures), ainsi que de la sécrétion lactée.
Sur le cholestérol :
Des études ont montré que le fenugrec inhibait la synthèse hépatique du cholestérol, par le blocage de l’enzyme-clé de cette synthèse. La présence importante de mucilages peut aussi intervenir en diminuant l’absorption intestinale du cholestérol alimentaire.
Sur le taux de sucre sanguin.
Le Fenugrec facilite la sécrétion d’insuline et diminue la résistance cellulaire à celle-ci, cette action étant sans doute due à un acide aminé particulier contenu dans la graine. Par ailleurs, les mucilages diminuent la vitesse de vidange de l’estomac, puis celle de la dégradation des glucides au début de l’intestin, enfin celle de l’absorption intestinale du glucose. Ces différents phénomènes en font un bon candidat au titre d’anti-diabétique oral.
Sur les radicaux libres :
L’action anti-oxydante du Fenugrec est bien documentée. Il diminue la formation de radicaux libres à partir des graisses, et augmente l’activité du système enzymatique anti-oxydant de l’organisme.
Sur les tumeurs :
Différents travaux ont montré l’inhibition par la diosgénine de la prolifération de différents types de cellules cancéreuses. Peut-être ici encore les mucilages, par leur action sur la flore intestinale, ont-ils une action préventive sur le cancer du côlon.
Sur le système digestif :
Le Fenugrec est traditionnellement utilisé contre les inflammations et ulcérations gastro-intestinales.
Noter qu’en usage externe, c’est un émollient anti-inflammatoire très utile en cas de traumatisme ou de blessure.
Effets indésirables et contre indications :
La toxicité du fenugrec est nulle. Il n’a ni contre indication ni interaction délétère avec d’autres produits alimentaires ou médicamenteux. Cependant il est prudent, du fait de son action tonique sur l’utérus, de s’en abstenir pendant la grossesse. Signalons enfin qu’à doses importantes il donne à la transpiration une certaine odeur de sirop d’érable.
En médecine âyurvédique, il est connu comme amer, piquant, doux et réchauffant. Il calme Vâta et Kâpha, mais peut aggraver Pitta.
Au total, le fenugrec, comme bien d’autres produits dont l’humanité a depuis longtemps reconnu les bienfaits, trouve aujourd’hui sa justification scientifique. Il paraît particulièrement intéressant chez les personnes fatiguées, anorexiques, convalescentes.
Contre le diabète et les excès de cholestérol, des études plus approfondies semblent nécessaires, mais rien n’empêche, sous contrôle, d’en recommander l’usage.
Où trouver du Fenugrec?
Principaux composants du fenugrec :
• 40 à 60% de fibres mucilagineuses
• des protéines riches en tryptophane et en lysine, ainsi qu’en 4-hydroxy isoleucine, acide aminé spécifique à cette plante, et qui semble jouer un rôle majeur dans son activité anti-diabétique
• des flavonoïdes (antioxydants)
• des alcaloïdes (trigonelline)
• des saponines stéroïdes telles que la diosgénine
• des coumarines, etc.